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Glossaire

Les sigles et les mots du temps de la dictature et de la révolution, pour celles et ceux qui sont nés après. Dans les textes de l’application, la première fois qu’apparaît l’un de ces sigles, il mène ici.

Les sigles

A

Action révolutionnaire armée (Acção Revolucionária Armada)

ARA

Opposition

Le bras armé du Parti communiste portugais, actif entre 1970 et 1973, pour lutter contre la guerre coloniale et renverser la dictature.1

La première action a été revendiquée le 26 octobre 1970 : deux explosions ont laissé inondé et immobilisé, dans le bassin d’Alcântara, le navire « Cunene », qui transportait des armes et du ravitaillement pour les troupes en Afrique.1 Ont suivi, entre autres, la destruction d’hélicoptères sur la base aérienne de Tancos et la coupure des communications radiotélégraphiques et téléphoniques.1

  1. 1Primeira ação da Acção Revolucionária Armada (ARA). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Aljube

Répression

La prison de l’Aljube, à Lisbonne, a été une prison politique de 1928 à 1965. Les prisonniers de la police politique y étaient détenus pendant l’instruction de leur dossier, dans l’attente de leur procès ou de leur déportation.12

Le nom vient de l’arabe al-jubb — puits sans eau, citerne, cachot ou prison —, et le bâtiment a presque toujours été une geôle : ecclésiastique, pour les femmes et, pour finir, politique.1 En 1934, la prison est passée sous l’administration directe de la PVDE et, à partir de 1943, elle a eu ses « curros », treize cellules d’isolement au deuxième étage.2 Elle a fermé à l’été 1965, après des protestations qui avaient eu un écho à l’étranger, et les prisonniers ont été transférés à Caxias.32

Depuis 2015, c’est le musée de l’Aljube – Résistance et Liberté, consacré à la mémoire de la résistance à la dictature.4

  1. 1Exposição de longa duração. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Cadeia do Aljube. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Cárceres do império. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  4. 4Sobre o Museu. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Assemblée constituante (Assembleia Constituinte)

Révolution

Le parlement élu le 25 avril 1975, lors des premières élections libres et au suffrage universel, pour écrire la nouvelle Constitution. Il a travaillé dix mois et l’a approuvée le 2 avril 1976.12

Aux élections, 91,7 % des électeurs ont voté ; le Parti socialiste (PS) l’a emporté avec 37,9 %, devant le Parti populaire démocratique (PPD), avec 26,4 %, et le Parti communiste portugais (PCP), avec 12,5 %.3 Sur les 250 députés élus, 20 seulement étaient des femmes ; avec les remplacements, 27 femmes y ont siégé, parmi lesquelles Sophia de Mello Breyner Andresen, la seule à avoir présidé une commission.4 L’Assemblée s’est réunie au Palácio de São Bento à partir du 2 juin 1975, à côté des autres pouvoirs de la révolution : le président de la République, le gouvernement provisoire, le Conseil de la révolution.5 Avant les élections, les partis s’étaient engagés auprès du Mouvement des forces armées (MFA), par un pacte, à inscrire dans la Constitution le Conseil de la révolution et l’Assemblée du MFA ; après le 25 Novembre, le pacte a été révisé et l’Assemblée du MFA en a été écartée.6

Le 12 novembre 1975, une manifestation d’ouvriers du bâtiment a encerclé le palais et empêché les députés de sortir pendant 36 heures.7 La Constitution a été approuvée — le Centre démocratique et social (CDS) votant contre — et est entrée en vigueur le 25 avril 1976.2

  1. 1Direito de Voto – Primeiras Eleições Livres. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Sessão de encerramento da Assembleia Constituinte (1976). Assembleia da República – Comunicar
  3. 3Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4As mulheres na Constituinte de 1975-1976. Assembleia da República
  5. 52. A Assembleia Constituinte em funcionamento: debates, atores e regras do processo constituinte (50 anos da Constituição). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  6. 6Institucionalização do MFA. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  7. 7O cerco ao Palácio de São Bento (12/13 de novembro). Assembleia da República – Comunicar

Assemblée nationale (Assembleia Nacional)

Répression

Le parlement de l’Estado Novo (« État nouveau »), de 1935 à 1974. Il ne comptait qu’une seule chambre, uniquement des députés de l’Union nationale, et avait peu de pouvoir : dans les faits, c’était le gouvernement qui faisait les lois, par décret-loi.12

La première Assemblée nationale a été élue en 1934, par un suffrage très restreint, et les trois premières députées portugaises y ont siégé. À côté d’elle fonctionnait la Chambre corporative, un organe consultatif où pesaient les intérêts économiques et locaux. La révision constitutionnelle de 1945 a fait du gouvernement l’« organe législatif normal » et de l’Assemblée l’« organe législatif exceptionnel ».1 Elle siégeait au Palácio de São Bento, où se trouve aujourd’hui l’Assemblée de la République.3

Elle s’est réunie pour la dernière fois, sans quorum, le matin du 25 avril 1974.1 La loi n° 2/74 du 14 mai l’a supprimée, en même temps que la Chambre corporative.4

  1. 1O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974). Assembleia da República
  2. 2Serviço Público: de Todos para Todos — a estrutura da PIDE/DGS, os processos da Mocidade Portuguesa e os inventários da União Nacional (apresentação, 28 de maio de 2014). Arquivo Nacional Torre do Tombo
  3. 3Exterior do Palácio de S. Bento no dia da abertura da Assembleia Nacional, 11 de janeiro de 1935 (legenda). Assembleia da República
  4. 4Legislação 25A – Extinção da Assembleia Nacional e da Câmara Corporativa (Lei 2/74 de 14 de Maio). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra

Association de propagande féministe (Associação de Propaganda Feminista)

République

L’association suffragiste née le 12 mai 1911 d’une scission de la Ligue républicaine des femmes portugaises, divisée sur la question de savoir quelles femmes devaient avoir le droit de vote.1

Elle a été fondée par Ana de Castro Osório et Carolina Beatriz Ângelo, qui l’a présidée ; elle est née dans le cabinet médical de cette dernière.34 Le 24 juillet 1911, elle a demandé à l’Assemblée constituante le droit de vote pour les femmes ; deux jours plus tard, l’article du projet de Constitution sur les droits civils et politiques de la femme a été supprimé.1 Entre 1912 et 1913, elle a publié la revue A Mulher Portuguesa (« La Femme portugaise »).5 Elle faisait partie de l’International Woman Suffrage Alliance, l’alliance internationale pour le vote des femmes.6

  1. 1O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República. Assembleia da República
  2. 2A feminista e republicana Ana de Castro Osório. Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
  3. 3A rua lisboeta da primeira mulher que votou em Portugal. Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
  4. 4Da esperança à deceção: a ilusão do sufrágio feminino na revolução republicana portuguesa de 1910 (Historia Constitucional, n.º 15). Historia Constitucional (revista eletrónica)
  5. 5A Mulher Portuguesa (índice dos números, 1912-1913). Revistas de Ideias e Cultura (RIC)
  6. 6Ser mulher em Lisboa: a associação que agitou o regime no século XX (Ana Sofia Paiva, 8/3/2019). FCSH+Lisboa – NOVA FCSH
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : 1911 (Assemblée de la République) ou 1912 (Toponímia de Lisboa).

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Association féminine portugaise pour la paix (Associação Feminina Portuguesa para a Paz)

AFPP

Femmes

Association de femmes pour la paix et pour les droits des femmes, constituée à Lisbonne le 10 novembre 1935, à l’approche de la Seconde Guerre mondiale, et dissoute par le régime en 1952.12

Elle a eu son siège dans la Rua do Loreto, puis dans la Rua Latino Coelho.1 Maria Lamas a accepté de la présider en 1938.3 Elle a réuni des femmes antifascistes comme Isabel Aboim Inglez, Manuela Porto et Maria Alda Nogueira, qui fonderaient plus tard le Mouvement démocratique des femmes.2 Pendant la guerre, l’une de ses adhérentes, Stella Piteira Santos, a aidé des réfugiés juifs à gagner Lisbonne et à y trouver un logement.4

Elle a été dissoute le 21 mars 1952 par décision du ministre de l’Intérieur, cinq ans après la fermeture du Conseil national des femmes portugaises.1

  1. 1Associação Portuguesa Feminina para a Paz (PT/SGMAI/GCLSB/H-B/001/00114). Secretaria-Geral do MAI – Arquivo do Governo Civil de Lisboa (Archeevo)
  2. 2A nossa história – MDM 1968-2023. MDM – Movimento Democrático de Mulheres
  3. 3Maria Lamas, a ativista pelos direitos das mulheres (Virgínia Baptista, IHC – NOVA FCSH). RUN – Repositório da Universidade Nova de Lisboa
  4. 4Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : 1935, selon le dossier du gouvernement civil de Lisbonne ; le Mouvement démocratique des femmes donne 1936.

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« Avante! »

Opposition

Le journal clandestin du Parti communiste portugais, publié depuis le 15 février 1931. Imprimé dans des imprimeries cachées dans des maisons clandestines et distribué par des militants, il a paru sans interruption de 1941 jusqu’au 25 Avril.1

Les premières années ont été irrégulières : il a même cessé de paraître pendant deux ans, après que la police eut arrêté des dirigeants et saisi l’imprimerie, et pendant les années de la guerre civile d’Espagne il a tiré jusqu’à 10 000 exemplaires. Avec la réorganisation du parti, il a recommencé à paraître en août 1941, et ne s’est plus arrêté. Le musée de l’Aljube y voit un cas unique au monde : un journal clandestin publié pendant si longtemps.1

Le 17 mai 1974 est sorti le premier Avante! légal.1

  1. 1Jornal “Avante!”. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

B

Brigades révolutionnaires (Brigadas Revolucionárias)

BR

Opposition

Organisation de lutte armée contre la dictature et la guerre coloniale, née en 1970 d’une scission du Parti communiste portugais (PCP) sur la question de la lutte armée, menée par Isabel do Carmo et Carlos Antunes.1

La première action armée a eu lieu le 7 novembre 1971 : une bombe sur la base de l’OTAN de Fonte da Telha.1 Le 11 juillet 1972, les Brigades ont détruit quinze camions de l’armée destinés à la guerre ; quelques jours plus tard, contre la réélection d’Américo Tomás, elles ont lâché sur le Rossio et à Alcântara des cochons déguisés en amiral.2 En novembre 1973, la DGS a ouvert à Caxias une procédure contre des personnes liées aux Brigades ; Maria da Conceição Moita, arrêtée dans le cadre de cette procédure, a été torturée.3

Après le 25 Avril, les Brigades apparaissent liées au Parti révolutionnaire du prolétariat, sous le nom de PRP/BR.4

  1. 1As Brigadas Revolucionárias realizaram a sua primeira ação armada. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Primeira ação das Brigadas Revolucionárias (BR). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  3. 3«A paz é possível»: algumas notas sobre o caso da Capela do Rato (António de Araújo). Lusitania Sacra, 2.ª série, 16 (2004), pp. 431-463 – Universidade Católica Portuguesa
  4. 4Verão quente e um outono escaldante (agosto–setembro de 1975). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

C

Caxias

Répression

Le fort de Caxias, à Oeiras, a été l’une des prisons gérées par la police politique elle-même, et la prison où étaient détenues toutes les femmes emprisonnées pour des raisons politiques — pendant la détention préventive, pendant la peine et pendant les mesures de sûreté.1

C’était une prison depuis 1916. La redoute Sud est passée à la police politique en janvier 1935, pour les hommes ; la redoute Nord en mai 1938, pour les femmes.2 Les prisonnières vivaient deux par deux dans la même salle pendant des mois ou des années, et ne voyaient leurs enfants qu’à travers une vitre.3 Le 4 décembre 1961, huit prisonniers communistes se sont évadés du fort dans la voiture blindée qui avait servi à Salazar.4 Après la fermeture de l’Aljube, en 1965, Caxias a reçu ses prisonniers, et en 1971 les interrogatoires continus de la DGS ont été transférés à la redoute Sud.2

Les prisonniers politiques de Caxias ont été libérés dans la nuit du 26 au 27 avril 1974, après des négociations entre une commission d’avocats et la Junte de salut national, et sous la pression des gens qui attendaient dehors.2

  1. 1Prisões da Ditadura. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Cárceres do império. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  3. 3Forte de Caxias (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Fuga de Caxias. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Censure (Censura)

Culture et censure

  • Censure préalable, 1926–1972
  • Examen préalable, 1972–1974

La suppression, avant publication, de tout ce qui pouvait aller contre le régime : nouvelles, livres, pièces de théâtre, films. Les censeurs rayaient les épreuves des journaux avec le célèbre « crayon bleu ».1

Elle a commencé dès juin 1926, avec les censeurs installés à la caserne du Carmo.2 Le 11 avril 1933, le jour même de l’entrée en vigueur de la Constitution de l’Estado Novo (« État nouveau »), le décret-loi n° 22 469 a réglementé la censure préalable des journaux. Il était interdit de laisser en blanc l’emplacement d’un article coupé ; le censeur pouvait suspendre des publications et devait agréer les directeurs de journaux, sur la base d’informations de la police politique. Pour éviter les coupes, beaucoup de journalistes s’autocensuraient.1

Marcelo Caetano l’a maintenue, avec la guerre coloniale pour argument, et la loi sur la presse de 1971–1972 lui a donné un autre nom : « examen préalable ».3 Elle a pris fin avec le 25 Avril. Le 26 avril 1974, le siège de la censure, dans la Rua da Misericórdia, a été pris d’assaut par la population — 48 ans après le début de la censure.4

  1. 1A Censura no Salazarismo. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Os censores da imprensa (Joaquim Cardoso Gomes), JJ – Jornalismo & Jornalistas n.º 57, jan./jun. 2014. Clube de Jornalistas (PDF no Centro de Documentação 25 de Abril, Univ. Coimbra)
  3. 3O Marcelismo e a Liberdade de Imprensa (Imprensa e Revolução). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4O 25 de Abril e a Imprensa (Imprensa e Revolução). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Centre démocratique et social (Centro Democrático Social)

CDS

Révolution

Le parti d’inspiration démocrate-chrétienne fondé par Diogo Freitas do Amaral, Adelino Amaro da Costa, Basílio Horta et Xavier Pintado, entre autres. Ce fut le seul parti à voter contre la Constitution de 1976.12

Il a signé les deux pactes avec le Mouvement des forces armées (MFA) — le premier a ouvert la voie aux élections à l’Assemblée constituante, où il a obtenu 7,6 % des voix —, mais n’est pas entré dans les gouvernements provisoires.13 Enregistré comme parti en janvier 1975, il s’appelle aujourd’hui CDS – Parti populaire (CDS-PP).4

  1. 1CDS/PP (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2Sessão de encerramento da Assembleia Constituinte (1976). Assembleia da República – Comunicar
  3. 3Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Partidos registados e suas denominações, siglas e símbolos. Tribunal Constitucional

Chaimite

Révolution

Un véhicule blindé de l’armée portugaise, utilisé pendant la guerre coloniale. Le 25 Avril, c’est dans un blindé Chaimite, le « Bula », que Marcelo Caetano a quitté la caserne du Carmo après s’être rendu.12

Le matin du 25 avril 1974, avant 7 h, le « Bula » se trouvait déjà devant le ministère de l’Armée, sur le Terreiro do Paço, avec la colonne de l’École pratique de cavalerie de Santarém. L’après-midi, sur le Largo do Carmo, les mitrailleuses de l’un de ces blindés ont tiré des rafales sur la façade de la caserne ; à 18 h 30, Salgueiro Maia a fait entrer le « Bula » en marche arrière par la porte principale.3 C’est à son bord que Caetano et quelques ministres ont été conduits au poste de commandement de Pontinha.2 Quelques jours plus tard, à l’aéroport, Álvaro Cunhal, de retour d’exil, est monté sur un blindé Chaimite pour parler à la foule.3

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O 25 de Abril e o legado do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Operação Viragem Histórica. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Clandestinité (Clandestinidade)

Opposition

Vivre caché de la police politique, sous de faux noms et à des adresses secrètes, pour continuer à lutter contre la dictature. Ce fut la vie de milliers de femmes et d’hommes, surtout des militants du Parti communiste portugais (PCP).12

Au PCP, les militants qui vivaient ainsi étaient les « permanents clandestins » (funcionários clandestinos).23 Maria Lourença Cabecinha est devenue permanente du PCP en 1952 et est passée dans la clandestinité avec son mari et son fils de trois mois, qu’elle a dû confier à ses grands-parents quand il a eu trois ans.4 Les « maisons clandestines » ressemblaient à des maisons ordinaires, mais c’étaient des imprimeries, des ateliers de falsification de documents et des lieux de réunion.1 Dans la maison de José Dias Coelho et de Margarida Tengarrinha fonctionnait le bureau du PCP qui falsifiait cartes d’identité, permis de conduire et passeports.5

Les enfants grandissaient cachés. « Qui peut imaginer que, près des casses de “caractères”, ont grandi des enfants et des jeunes qui n’ont presque jamais joué avec d’autres enfants et d’autres jeunes ? », demandait Joaquim Gomes dans un rapport au congrès du PCP de 1965.6 Quand la PIDE découvrait une maison, elle arrêtait tout le monde : c’est ainsi que sont tombés, en mars 1949, Álvaro Cunhal et Sofia Ferreira, qui se faisaient passer pour un couple dans une maison de Luso, et Militão Ribeiro, qui s’y était caché.2

  1. 1Lisboa a partir do Aljube – Casas da Clandestinidade. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Prisão de Álvaro Cunhal, Militão Ribeiro e Sofia Ferreira. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  3. 3III Congresso (I ilegal) do PCP. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Maria Lourença Cabecinha (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  5. 5José António Dias Coelho (biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  6. 6Jornal “Avante!”. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Commandement opérationnel du continent (Comando Operacional do Continente)

COPCON

Révolution

Un commandement d’intervention spéciale des forces armées, créé en juillet 1974 et dirigé par Otelo Saraiva de Carvalho, et qui a été présent à bien des moments de tension de la révolution.12

Il est né le 8 juillet 1974.1 Dans la nuit du 27 au 28 septembre de la même année, une opération du COPCON a arrêté les organisateurs de la manifestation de la « majorité silencieuse », convoquée en soutien à Spínola.23 Le 28 mai 1975, il a arrêté plus de 400 militants du Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (MRPP).4 À l’été de cette année-là, le « Document du COPCON » a défendu un rôle politique pour les assemblées populaires.5

En septembre 1975, le gouvernement lui a retiré ses pouvoirs d’intervention pour rétablir l’ordre public. Le 27 novembre, après le 25 Novembre, Otelo a été écarté du commandement.5

  1. 1Cronologia Ilustrada – 1974. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2O 28 de Setembro (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Detenções do 28 de setembro. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Aurora Rodrigues (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  5. 5Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra

Commission de la condition féminine (Comissão da Condição Feminina)

CCFCIDMCIG

Femmes

  • Commission de la condition féminine (CCF), 1975–1991
  • Commission pour l’égalité et les droits des femmes (CIDM), 1991–2007
  • Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG), depuis 2007

L’organisme d’État pour l’égalité entre les femmes et les hommes, créé en 1975 par Maria de Lourdes Pintasilgo, alors ministre des Affaires sociales. Il a changé deux fois de nom et c’est aujourd’hui la CIG.1

Il avait ses racines dans un groupe de travail sur la situation des femmes que Pintasilgo dirigeait depuis 1970, encore sous Marcelo Caetano. Après le 25 Avril, la Commission de la condition féminine est née en février 1975, encore « en phase d’installation », et n’a été institutionnalisée qu’en 1977.1 Elle a commencé par recenser les discriminations à l’égard des femmes et a été à l’origine des premières lois destinées à y mettre fin — dans la Constitution de 1976 et dans la réforme du Code civil de 1977.1

En 1991, elle a pris le nom de Commission pour l’égalité et les droits des femmes (CIDM) ; en 2007, celui de Commission pour la citoyenneté et l’égalité de genre (CIG).1

  1. 1História da CIG. Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género (CIG)

Commission démocratique électorale (Comissão Democrática Eleitoral)

CDEMDP

Opposition

  • Commission démocratique électorale (CDE), 1969–1974
  • Mouvement démocratique portugais / Commission démocratique électorale (MDP/CDE), après le 25 Avril

La coalition de l’opposition qui s’est présentée aux élections de 1969 à l’Assemblée nationale, réunissant socialistes, catholiques progressistes, libéraux et communistes.1 Ce fut l’une des plus importantes organisations de l’opposition démocratique avant le 25 Avril.2

Aux élections du 26 octobre 1969, les nouvelles règles de contrôle sont restées sur le papier : les candidats de l’opposition ont continué d’être arrêtés, la propagande d’être saisie, et le parti unique a fait élire tous les députés.1 À Lisbonne, la CDE a compté parmi ses militantes Isabel do Carmo et Helena Neves, qui a été arrêtée cette année-là.34 En 1973, la CDE a participé au Congrès de l’opposition démocratique, à Aveiro.2

Après le 25 Avril, elle a pris le nom de Mouvement démocratique portugais (MDP/CDE) et a fait partie de tous les gouvernements provisoires, sauf le sixième.2

  1. 1Esperança frustrada (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2MDP/CDE – Movimento Democrático Português / Comissões Democráticas Eleitorais (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3Isabel do Carmo (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  4. 4Helena Neves (testemunho). Museu do Aljube Resistência e Liberdade

Commission électorale d’unité démocratique (Comissão Eleitoral de Unidade Democrática)

CEUD

Opposition

La liste de l’opposition, dominée par les socialistes, qui s’est présentée aux élections de 1969 à l’Assemblée nationale à Lisbonne, à Porto et à Braga.1

L’opposition s’est présentée divisée à ces élections : la CEUD réunissait surtout des socialistes, et l’autre liste, la Commission démocratique électorale (CDE), surtout des communistes.2 Parmi les candidates de la CEUD figuraient Maria Barroso et Sophia de Mello Breyner Andresen ; l’Assemblée de la République y voit le début du Parti socialiste.3 La fraude et la censure ont continué, et le parti unique a fait élire tous les députés.1

  1. 1Esperança frustrada (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Movimentos e Partidos Políticos (Unidos Venceremos). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal». Assembleia da República

Commission nationale de secours aux prisonniers politiques (Comissão Nacional de Socorro aos Presos Políticos)

CNSPP

Répression

La commission, constituée en 1969, qui soutenait les prisonniers politiques et leurs familles et dénonçait la répression. Parmi beaucoup d’autres, la poète Sophia de Mello Breyner Andresen et d’anciennes prisonnières comme Conceição Matos et Aida Magro en ont fait partie.123

En 1970, dans un télégramme à Marcelo Caetano, elle a tenu le gouvernement pour responsable du suicide d’Albina Fernandes, deux ans après la sortie de celle-ci de Caxias.4 En 1973, elle a soutenu la veillée de la chapelle du Rato et protesté contre l’arrestation des participants.5 Pendant les jours de la libération des prisonniers politiques, en avril 1974, c’est aux militaires et aux avocats de la commission que les prisonniers ont fait part de leur décision : ou ils sortaient tous, ou aucun ne sortait.6

  1. 1Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal». Assembleia da República
  2. 2Maria da Conceição Rodrigues de Matos. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  3. 3Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
  4. 4Albina Fernandes. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  5. 5Os apoios (Vigília da Capela do Rato). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  6. 6O desmantelamento das ditaduras (Portugal-Espanha: 50 anos de democracia). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  7. 7Helena Pato (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Notes sur les sources1
  • Quand la commission est née : en 1969, selon l’Assemblée de la République ; mais la biographie d’Helena Pato au musée de l’Aljube évoque déjà son activité au sein de la « Comissão de Socorro aos Presos Políticos » (Commission de secours aux prisonniers politiques) avant son arrestation, en juin 1967.

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Concordat (Concordata)

Femmes

Le traité que l’Estado Novo (« État nouveau ») a signé avec le Saint-Siège le 7 mai 1940. Il a rendu ses effets civils au mariage catholique et a retiré le droit au divorce à qui se marierait désormais à l’Église.12

Trente ans après la loi sur le divorce de 1910, les mariages catholiques redevenaient indissolubles ; qui ne se mariait que civilement pouvait toujours divorcer.32 L’interdiction valait pour les deux époux, mais pesait beaucoup plus lourdement sur la femme, la partie la plus faible socialement, économiquement et juridiquement.4 Le Concordat prescrivait aussi d’orienter l’enseignement des écoles publiques selon les « principes de la doctrine et de la morale chrétiennes » et d’y donner des cours de religion et de morale catholiques aux élèves dont les parents ne demandaient pas de dispense.1

Après le 25 Avril, un Protocole additionnel, signé le 15 février 1975, a modifié l’article sur le divorce et laissé le reste du Concordat en vigueur.1 En mai, une nouvelle loi a permis aux personnes mariées à l’Église de divorcer devant les tribunaux civils.4

  1. 1Acórdão n.º 423/87 (Concordata e Protocolo Adicional). Tribunal Constitucional
  2. 2A mulher portuguesa na legislação civil (Elina Guimarães), Análise Social, vol. XXII (92-93), 1986. Instituto de Ciências Sociais da Universidade de Lisboa – Análise Social
  3. 3«Uma simples separação de corpos onde há uma separação de almas» (1910). Assembleia da República
  4. 4A revisão do Código Civil e os Direitos das Mulheres (1977). Assembleia da República

Confédération générale du travail (Confederação Geral do Trabalho)

CGT

Travail

La centrale ouvrière anarcho-syndicaliste fondée en septembre 1919, qui avait pour organe le journal A Batalha (« La Bataille »). Elle a mené de nombreuses luttes ouvrières sous la République et sous la Dictature militaire, et beaucoup de ses militants ont été emprisonnés et déportés.1

Elle est née à une époque de grande agitation sociale, sous l’effet de la révolution russe et de la fin de la Première Guerre mondiale.1 Ses anarcho-syndicalistes ont organisé, avec des communistes et des socialistes, la grève générale du 18 janvier 1934, contre la « fascisation » des syndicats imposée par le Statut du travail national.2 Sous l’Estado Novo (« État nouveau »), l’anarcho-syndicalisme a perdu de sa force, sans parvenir à s’adapter à la clandestinité ; A Batalha a reparu dans les kiosques après le 25 Avril, à l’initiative d’Emídio Santana.1

  1. 1A Batalha. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 218 de Janeiro de 1934. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Conseil de la révolution (Conselho da Revolução)

Révolution

L’organe de souveraineté, composé de militaires, qui à partir de mars 1975 a remplacé la Junte de salut national et le Conseil d’État et en a assumé les pouvoirs. Il est resté dans la Constitution de 1976, avec moins de pouvoirs, jusqu’en 1982.31

Il a été créé par la loi constitutionnelle n° 5/75 du 14 mars, juste après le coup d’État manqué du 11 Mars, et est entré en fonctions le 17 mars 1975.12 Il réunissait le président de la République, le Premier ministre, les chefs militaires et des représentants du Mouvement des forces armées (MFA), et a hérité des pouvoirs de faire des lois constitutionnelles, de contrôler le gouvernement et de gouverner les forces armées.1 La même assemblée du MFA qui a décidé de le créer, dans la nuit du 11 au 12 mars, a aussi décidé de nationaliser les banques et les assurances.3

  1. 1Institucionalização do MFA. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Legislação 25A – Instituição do Conselho da Revolução (Lei 5/75 de 14 de Março). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3O 11 de Março e a «assembleia selvagem» do MFA (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Conseil national des femmes portugaises (Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas)

CNMP

Femmes

La plus importante et la plus durable des associations féministes portugaises de la première moitié du XXe siècle, fondée en 1914 par la médecin Adelaide Cabete et fermée par la police en 1947, au bout de 33 ans.1

L’association se présentait comme « apolitique et non religieuse » et luttait pour les droits des femmes dans l’éducation et dans la famille : protéger les femmes et les enfants pauvres, prendre soin des femmes enceintes, mettre fin à la prostitution réglementée. Dans les années 1920, elle a rejoint les grandes organisations internationales de femmes et a organisé, en mai 1924, le premier congrès féministe du pays. Pendant 32 ans, elle a eu son siège dans le cabinet médical d’Adelaide Cabete, sur la Praça dos Restauradores.1

Avec Maria Lamas à sa tête, à partir de 1945, elle s’est développée dans tout le pays ; l’Exposition de livres écrits par des femmes, en 1947, a conduit la presse du régime à accuser le Conseil de lier le féminisme au communisme. Le 28 juin 1947, la police a fermé « sans préavis » le siège, qui avait déménagé aux Amoreiras.1

  1. 1Ser mulher em Lisboa: a associação que agitou o regime no século XX (Ana Sofia Paiva, 8/3/2019). FCSH+Lisboa – NOVA FCSH

Curros

Répression

Les cellules d’isolement de la prison de l’Aljube, que les prisonniers appelaient aussi « gavetas » (tiroirs) : des réduits d’environ un mètre de large, plongés dans la pénombre jour et nuit, où l’on restait seul pendant des mois.1

Elles ont été construites à partir de 1943, au deuxième étage — treize cellules, fermées chacune par deux portes, l’une grillagée, l’autre en bois, avec un judas. Le bat-flanc, une fois abaissé, empêchait le prisonnier de marcher. Pendant la première période d’isolement, qui pouvait durer six mois et être prolongée par le ministre de l’Intérieur, il n’y avait ni stylo, ni papier, ni livres, ni journaux, ni montre.1 Memória Comum désigne les curros comme l’exemple le plus marquant de l’isolement auquel recourait la police politique pour couper le prisonnier du monde et l’amoindrir.2

Elles ont cessé de servir quand la prison a fermé, en 1965.1 L’isolement dans les curros est aujourd’hui évoqué au deuxième étage du musée de l’Aljube.3

  1. 1Cadeia do Aljube. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2A tortura como sistema. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  3. 3Exposição de longa duração. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

D

Deuil académique (Luto académico)

Étudiants

La grève des cours par laquelle les étudiants des universités protestaient, à une époque où la dictature interdisait la grève. Décidé en séance plénière ou en assemblée, il a été l’arme des grandes crises universitaires de 1962 et de 1969.13

En 1962, après que le gouvernement eut interdit la Journée de l’étudiant et que la police eut chargé les étudiants, les associations de Lisbonne et de Coimbra ont déclaré le deuil le 26 mars.21 Le 7 mai, il est devenu « deuil académique total », avec grève aussi des partiels et des examens ; le 15 juin, lors d’une assemblée générale à l’Instituto Superior Técnico, les étudiants en ont voté la suspension.4

Il a de nouveau été décrété à Lisbonne en décembre 1968, quand le gouvernement a fait fermer le Técnico, et à Coimbra, par une assemblée générale (Assembleia Magna), pendant la crise de 1969, qui est allée jusqu’à la grève des examens.53

  1. 1A Crise Académica de 1962: Contestação vs Repressão. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O Dia do Estudante. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Assembleias Magnas, luto e greve aos exames (Primaveras estudantis). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4A Crise Académica de 1962: A Greve de Fome. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  5. 5Cronologia Ilustrada – 1968. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra

Dictature militaire (Ditadura Militar)

Répression

Le régime des militaires qui ont renversé la Première République par le coup d’État du 28 mai 1926 et ont gouverné jusqu’en 1933, quand la nouvelle Constitution a donné naissance à l’Estado Novo (« État nouveau »).1

Le Parlement a été fermé et la Constitution de 1911 n’a plus valu que sur le papier.2 Après des semaines de lutte entre généraux, c’est le groupe conservateur de Sinel de Cordes et d’Óscar Carmona qui l’a emporté, à partir de juillet 1926 ; Carmona a été élu président en 1928, en tant que candidat unique. Cette année-là, António de Oliveira Salazar est entré au gouvernement comme ministre des Finances ; en juillet 1932, il est devenu chef du gouvernement.3

Ce furent des années de « guerre civile larvée et intermittente », écrit le musée de l’Aljube : révoltes républicaines — le « reviralho » (retournement) —, des centaines de morts, des milliers de prisonniers et de déportés en Angola, au Cap-Vert, en Guinée et au Timor.1 La censure a commencé dès juin 1926, et l’Aljube est devenu une prison politique en 1928.41

  1. 1Golpe Militar de 28 de maio de 1926. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974). Assembleia da República
  3. 3Ditadura militar e ascensão do salazarismo. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Os censores da imprensa (Joaquim Cardoso Gomes), JJ – Jornalismo & Jornalistas n.º 57, jan./jun. 2014. Clube de Jornalistas (PDF no Centro de Documentação 25 de Abril, Univ. Coimbra)

Directoire révolutionnaire ibérique de libération (Diretório Revolucionário Ibérico de Libertação)

DRIL

Opposition

Le mouvement d’exilés portugais et espagnols créé à Caracas, en janvier 1960, pour renverser les deux dictatures ibériques par l’action armée. Son action la plus spectaculaire a été l’assaut contre le paquebot Santa Maria, en janvier 1961.1

Il réunissait des membres du Mouvement national indépendant d’Humberto Delgado et de l’opposition espagnole en exil. Côté portugais, le signataire était Henrique Galvão, qui s’était évadé de l’hôpital de Santa Maria en 1959.1 Le DRIL n’a jamais agi en territoire portugais ; il a organisé des actions en Espagne et, au nom de Delgado, l’« opération Dulcinée », qui s’est emparée du paquebot au large des Caraïbes et l’a rebaptisé « Santa Liberdade » (Sainte Liberté).12

  1. 1Diretório Revolucionário Ibérico de Libertação (DRIL). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2O Assalto ao Santa Maria. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

E

Estado Novo

Répression

La dictature de Salazar puis de Marcelo Caetano, de 1933 à 1974. Un régime sans partis, sans élections libres et sans libertés, où le pouvoir était concentré entre les mains du chef du gouvernement.12

Issu de la Dictature militaire instaurée par le coup d’État du 28 mai 1926, il a été institué formellement par la Constitution de 1933, approuvée par un plébiscite où les abstentions ont été comptées comme des votes favorables.32 Il était antilibéral, hostile aux partis et antiparlementaire : il y avait un parti unique, l’Union nationale, et les libertés d’expression, de réunion et d’association étaient à la merci de « lois spéciales ».2 Il reposait sur la police politique, la censure et la Légion portugaise, et sur des organisations qui encadraient les jeunes, les travailleurs et les femmes.4

En 1968, après que Salazar eut été frappé d’incapacité, le gouvernement est passé à Marcelo Caetano, qui a tenté une ouverture, mais le régime s’est montré incapable de changer. Il est tombé le 25 avril 1974, renversé par le Mouvement des forces armées, avec l’adhésion immédiate de la population.2

  1. 1Golpe Militar de 28 de maio de 1926. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974). Assembleia da República
  3. 3O SPN como motor do projeto cultural do Estado Novo. RTP Ensina
  4. 4Organizações repressivas e de controlo do Estado Novo. RTP Ensina

F

Fondation nationale pour la joie au travail (Fundação Nacional para a Alegria no Trabalho)

FNATINATEL

Travail

  • Fondation nationale pour la joie au travail (FNAT), 1935–1975
  • Institut national pour la valorisation du temps libre des travailleurs (INATEL), 1975–2008
  • Fondation INATEL, depuis 2008

L’organisation par laquelle l’Estado Novo (« État nouveau ») occupait le temps libre des travailleurs, créée le 13 juin 1935 sur le modèle du Dopolavoro de Mussolini et de la « Force par la joie » de Hitler. Elle organisait des vacances, des excursions, du sport et de la culture pour les adhérents des syndicats nationaux, des Casas do Povo (maisons du peuple) et des Casas de Pescadores (maisons des pêcheurs).1

Elle a ouvert des colonies de vacances, comme celle de la Caparica, en 1938, et a inauguré en 1959 son stade à Alvalade, à Lisbonne.1 Le 1er Mai 1974, le défilé de Lisbonne s’est achevé dans ce stade de la FNAT, qui a pris le nom d’Estádio 1.º de Maio (stade du 1er-Mai).2 Le 3 avril 1975, la FNAT a pris le nom d’INATEL ; depuis 2008, c’est la Fondation INATEL.1

  1. 1História (da FNAT à Fundação INATEL). Fundação INATEL
  2. 2Operação Viragem Histórica. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Front de libération du Mozambique (Frente de Libertação de Moçambique)

FRELIMO

Colonialisme

Le mouvement qui a lutté pour l’indépendance du Mozambique, fondé en 1962 par Eduardo Mondlane, à partir de la fusion de trois mouvements nationalistes. Il a commencé la lutte armée en septembre 1964 ; l’indépendance est arrivée le 25 juin 1975.12

La guerre a commencé dans le nord, par des attaques dans le Cabo Delgado et le Niassa, et s’est étendue à Tete, où la construction du barrage de Cahora Bassa a contraint l’armée portugaise à un énorme effort de défense.1 Mondlane a été tué par un colis piégé le 3 février 1969 ; à partir de 1970, le FRELIMO a été dirigé par Samora Machel.1 Après le 25 Avril, l’accord de Lusaka, du 7 septembre 1974, a fixé l’indépendance à la date anniversaire de la fondation du FRELIMO.2

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Legislação 25A – O Acordo de Lusaka. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
Notes sur les sources1
  • Le jour du début de la lutte armée : le 24 septembre 1964, selon la Commission commémorative des 50 ans, ou le 25, selon le Centre de documentation 25 Avril, que suit la chronologie de l’application.

Vous en savez plus, ou vous avez un document ? Dites-le-nous.

Front national de libération de l’Angola (Frente Nacional de Libertação de Angola)

UPAFNLA

Colonialisme

  • Union des peuples du nord de l’Angola, 1954–1958
  • Union des peuples de l’Angola (UPA), 1958–1962
  • Front national de libération de l’Angola (FNLA), depuis 1962

L’un des trois mouvements qui ont lutté pour l’indépendance de l’Angola, dirigé par Holden Roberto. Alors qu’il s’appelait encore Union des peuples de l’Angola, il a lancé le 15 mars 1961 les attaques dans le nord du pays qui, avec celles de février à Luanda, ont marqué le début de la guerre ; en 1962, il a pris le nom de FNLA.12

Il est né en juillet 1954 à Léopoldville, au Congo belge, avec des cadres surtout bakongo, et est devenu en 1958 un mouvement nationaliste.1 Les attaques de mars 1961 contre les plantations de café ont tué des colons et des travailleurs africains, et leur brutalité a fourni au gouvernement de Lisbonne les images avec lesquelles il a appelé le pays à la guerre.1 Affaibli par des scissions, le FNLA a signé l’accord d’Alvor et a été battu par le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) à Quifangondo, en novembre 1975, à la veille de l’indépendance.1

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O fim dos mitos imperiais: Guerra Colonial portuguesa (1961-74) e descolonização portuguesa e espanhola (Portugal-Espanha: 50 anos de democracia). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Do acto na Imprensa à imprensa dos movimentos de libertação (Imprensa anticolonial). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Notes sur les sources1
  • Le nom complet de l’UPA : « União dos Povos de Angola » (Union des peuples de l’Angola), dans le dossier de la Commission commémorative des 50 ans sur la guerre (et dans la chronologie de l’application), ou « União das Populações de Angola » (Union des populations de l’Angola), sur une autre page de la même Commission.

Vous en savez plus, ou vous avez un document ? Dites-le-nous.

Front patriotique de libération nationale (Frente Patriótica de Libertação Nacional)

FPLN

Opposition

Le front unitaire de l’opposition créé à la fin de 1962, lors d’une réunion à Rome, qui a installé sa délégation extérieure à Alger et y a fonctionné jusqu’au 25 Avril 1974.1

Il est né de la volonté de tirer parti de la mobilisation des élections de 1958 et réunissait les Juntes d’action patriotique, des communistes, des partisans d’Humberto Delgado et des dissidents du Parti communiste portugais (PCP).12 Les divergences — sur la lutte armée, la question coloniale et le général lui-même — ont conduit Delgado, qui en avait été le président, à rompre avec lui en 1964 ; en janvier 1965, il a créé le Front portugais de libération nationale, un mois avant d’être assassiné par la PIDE.1

D’Alger, le Front parlait au Portugal par la Rádio Voz da Liberdade (« Voix de la liberté »).3

  1. 1Frente Patriótica de Libertação Nacional. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Argélia, um ponto de encontro privilegiado (1962 – Optar pela guerra). Guerra Colonial – Associação 25 de Abril
  3. 3Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género

G

Garde nationale républicaine (Guarda Nacional Republicana)

GNR

Répression

La force de sécurité à caractère militaire créée par la Première République en 1911, avec son commandement général à la caserne du Carmo, à Lisbonne. Pendant la dictature, elle a fait partie de l’appareil répressif : on l’envoyait contre les grèves, les manifestations et les campagnes de l’opposition.1

Elle est née le 3 mai 1911, comme corps d’élite du nouveau régime. En 1927, des militaires de la GNR ont eux aussi pris part aux révoltes contre la Dictature militaire ; le régime l’a épurée et, avec le général Farinha Beirão à sa tête, de 1927 à 1939, en a fait une force fidèle. Elle est intervenue contre des conflits ouvriers à Barreiro, dans la ceinture de Lisbonne et en Alentejo, contre la campagne d’Humberto Delgado en 1958 et contre la crise universitaire de 1968–1969.1 C’est un lieutenant de la GNR qui a abattu la moissonneuse Catarina Eufémia, à Baleizão, en 1954, pendant une grève.2

Le 25 Avril 1974, Marcelo Caetano s’est réfugié dans la caserne de la GNR du Largo do Carmo, et c’est là qu’en fin d’après-midi le régime est tombé.31

  1. 1História da Guarda Nacional Republicana. Guarda Nacional Republicana
  2. 2Catarina Eufémia. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  3. 3O 25 de Abril e o legado do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Gouvernement provisoire de la République (Governo Provisório da República)

République

Le gouvernement qui a dirigé le pays dans les mois qui ont suivi la révolution du 5 Octobre 1910, présidé par Teófilo Braga. C’est lui qui, par un décret ayant force de loi, a instauré le divorce, le 3 novembre 1910.12

C’est à lui que les républicaines de la Ligue républicaine des femmes portugaises ont adressé leurs premières pétitions — celle d’octobre 1910 et celle de février 1911 — pour demander la réforme du Code civil, le divorce et le vote des femmes.1 À ne pas confondre avec les gouvernements provisoires de 1974 à 1976, après le 25 Avril.

  1. 1Da esperança à deceção: a ilusão do sufrágio feminino na revolução republicana portuguesa de 1910 (Historia Constitucional, n.º 15). Historia Constitucional (revista eletrónica)
  2. 2«Uma simples separação de corpos onde há uma separação de almas» (1910). Assembleia da República

Gouvernements provisoires (Governos provisórios)

Révolution

Les six gouvernements qui ont dirigé le pays après la révolution, de mai 1974 jusqu’au premier gouvernement constitutionnel, en 1976. Le premier, celui d’Adelino da Palma Carlos, est entré en fonctions le 16 mai 1974 ; quatre ont été dirigés par Vasco Gonçalves, et le dernier par Pinheiro de Azevedo.123

Palma Carlos a démissionné en juillet 1974, en invoquant l’absence de conditions pour gouverner sous le poids du Mouvement des forces armées (MFA). Vasco Gonçalves, « un homme du MFA », a dirigé du IIe au Ve gouvernement, jusqu’à son éviction le 30 août 1975.12 Maria de Lourdes Pintasilgo, secrétaire d’État dans le Ier, a été ministre des Affaires sociales dans le IIe et le IIIe.4 En juillet 1975, le Parti socialiste (PS) et le Parti populaire démocratique (PPD) ont quitté le IVe gouvernement ; le VIe, celui de l’amiral Pinheiro de Azevedo, est entré en fonctions le 19 septembre, avec le PS, le PPD et le Parti communiste portugais (PCP) ; pendant l’encerclement de São Bento, en novembre, le Premier ministre a été séquestré dans sa résidence officielle.25 À ne pas confondre avec le Gouvernement provisoire de la République, de 1910–1911.

  1. 1Cronologia Ilustrada – 1974. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3Cronologia Ilustrada – 1976. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Maria de Lourdes Ruivo da Silva Matos Pintasilgo – nota biográfica. Arquivo Maria de Lourdes Pintasilgo / Fundação Cuidar o Futuro
  5. 5O cerco ao Palácio de São Bento (12/13 de novembro). Assembleia da República – Comunicar

Guerre coloniale (Guerra colonial)

Colonialisme

La guerre que la dictature a menée en Afrique, de 1961 à 1974, contre les mouvements qui luttaient pour l’indépendance des colonies. Elle a commencé en Angola en 1961 et s’est étendue à la Guinée en 1963 et au Mozambique en 1964 : ce fut la plus longue et la plus meurtrière des guerres portugaises.1

Salazar a refusé toute négociation et a annoncé qu’on allait « avancer rapidement et en force » (andar rapidamente e em força) vers l’Angola.1 La guerre a envoyé en Afrique des centaines de milliers de soldats, et la violence coloniale s’est abattue dès le début sur les populations africaines — comme lors du massacre de Wiriyamu, au Mozambique, en 1972.21 Environ 9 000 jeunes ont déserté, et on estime qu’entre 10 000 et 20 000 ont refusé de partir.3

La lassitude d’une guerre sans solution militaire a réuni les capitaines dans le mouvement qui a fait le 25 Avril.4 La révolution a mis fin à la guerre et ouvert la décolonisation : entre 1974 et 1975, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Cap-Vert, Sao Tomé-et-Principe et l’Angola sont devenus indépendants.1

  1. 1O fim dos mitos imperiais: Guerra Colonial portuguesa (1961-74) e descolonização portuguesa e espanhola (Portugal-Espanha: 50 anos de democracia). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Guerra à Guerra: uma reivindicação tardia do movimento estudantil (Primaveras estudantis). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4A Conspiração e o Programa do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

I

Intersindical

Travail

La coordination des syndicats qui, à partir d’octobre 1970, se sont regroupés pour contester le contrôle du gouvernement sur la vie syndicale. Interdite en 1971, elle a continué à se réunir de manière semi-clandestine jusqu’au 25 Avril.12

L’acte fondateur a été la convocation, datée du 1er octobre 1970, à une réunion le 11 du même mois, au siège du Syndicat des employés de banque de Lisbonne. Le gouvernement a interdit les réunions entre syndicats le 26 juin 1971 ; dans les années suivantes, l’influence du Parti communiste portugais (PCP) y a grandi.2 Après la révolution, l’Intersindical a organisé le meeting du 1er Mai 1975, au stade du 1er-Mai, et a été l’une des cibles de Mário Soares lors du meeting de la Fonte Luminosa, en juillet.34

  1. 1Cronologia Ilustrada – 1970. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2A criação da Intersindical (Unidos venceremos! Protesto, greves e sindicatos no marcelismo). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Das eleições à crise político-militar (abril/maio – julho de 1975) (O «Verão Quente» de 1975). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Escalada de tensão e crise político-militar (julho–agosto de 1975). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

J

Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa)

Répression

L’organisation par laquelle l’Estado Novo (« État nouveau ») encadrait les enfants et les jeunes, à partir de 1936. Garçons et filles, même ceux qui n’allaient pas à l’école, y faisaient de l’exercice physique dans une logique militariste et y apprenaient la discipline et l’obéissance à la hiérarchie.1

Elle est née de la loi n° 1941 du 11 avril 1936 et a été instituée par un décret-loi de mai de la même année ; les filles avaient leur propre organisation, la Jeunesse portugaise féminine (Mocidade Portuguesa Feminina, MPF).23 C’était, selon les mots de la Commission commémorative des 50 ans, le « bras idéologique » du régime auprès des jeunes : en 1956, le gouvernement a voulu lui confier l’organisation des étudiants des universités, mais il a reculé devant la protestation des associations d’étudiants.4

La Jeunesse portugaise et la Jeunesse portugaise féminine ont été dissoutes le 25 avril 1974 par le décret-loi n° 171/74.3

  1. 1Organizações repressivas e de controlo do Estado Novo. RTP Ensina
  2. 2Serviço Público: de Todos para Todos — a estrutura da PIDE/DGS, os processos da Mocidade Portuguesa e os inventários da União Nacional (apresentação, 28 de maio de 2014). Arquivo Nacional Torre do Tombo
  3. 3Legislação 25A – Extinção da DGS, LP e MP (Dec.-Lei 171/74 de 25 de Abril). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4O Dia do Estudante. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Junte de salut national (Junta de Salvação Nacional)

Révolution

L’organe militaire que le Mouvement des forces armées a placé à la tête du pays quand il a renversé la dictature, le 25 avril 1974. La Junte a reçu les pouvoirs du président de la République, du gouvernement et de l’Assemblée nationale, tous destitués ou dissous.1

Elle était présidée par le général António de Spínola et réunissait des militaires des trois armes, parmi lesquels Francisco da Costa Gomes et Pinheiro de Azevedo.1 Le 26 avril, elle s’est présentée au pays à la télévision, depuis les studios du Lumiar.1 Dès le 25, elle a dissous la DGS, la Légion portugaise et la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa), et en mai elle a supprimé l’Assemblée nationale et la Chambre corporative.23

Elle a elle-même été supprimée par la loi constitutionnelle n° 5/75 du 14 mars 1975, qui a mis à sa place le Conseil de la révolution.4

  1. 1Operação Viragem Histórica. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Legislação 25A – Extinção da DGS, LP e MP (Dec.-Lei 171/74 de 25 de Abril). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3Legislação 25A – Extinção da Assembleia Nacional e da Câmara Corporativa (Lei 2/74 de 14 de Maio). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Institucionalização do MFA. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

L

Légion portugaise (Legião Portuguesa)

Répression

La milice armée de l’Estado Novo (« État nouveau »), créée en 1936 à l’image des mouvements fascistes d’Allemagne et d’Italie. Elle rassemblait la droite la plus radicale, surveillait la population grâce à un réseau d’informateurs et servait de troupe de choc contre l’opposition.12

Elle est née du décret-loi n° 27 058 du 30 septembre 1936,3 dans les mois où la guerre civile d’Espagne durcissait le régime, et avait pour cibles surtout les communistes et les anarchistes.2 Dès 1937, elle a remplacé l’armée dans le défilé du 28 Mai. Dans les dernières années du régime, elle arrêtait des manifestants et attaquait des institutions de l’opposition ; le commandant qui a dirigé sa dissolution a parlé d’informations recueillies sur près d’un million de personnes.1

Le 25 Avril, une unité de l’École pratique de cavalerie a occupé son commandement général, sur le Largo da Penha de França, vers 14 heures.4 La Légion a été dissoute le jour même par le décret-loi n° 171/74.3

  1. 1Acabou-se a Legião. RTP Ensina
  2. 2Organizações repressivas e de controlo do Estado Novo. RTP Ensina
  3. 3Legislação 25A – Extinção da DGS, LP e MP (Dec.-Lei 171/74 de 25 de Abril). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Comando da Legião Portuguesa (Locais de Abril). Associação 25 de Abril

Ligue d’unité et d’action révolutionnaire (Liga de Unidade e Ação Revolucionária)

LUAR

Opposition

L’une des organisations qui, dans les années 1960, ont choisi l’action directe et armée pour renverser la dictature. Elle s’est fait connaître par sa première action, l’attaque de la Banque du Portugal à Figueira da Foz, le 17 mai 1967.12

L’attaque, l’« opération Mondego », dirigée par Palma Inácio, devait financer la lutte ; les assaillants se sont enfuis à bord d’un petit avion et ont gagné la France, où la LUAR l’a revendiquée.1 Cette année-là, elle a aussi détourné des armes du siège de la 3e région militaire, à Évora.2 Palma Inácio a été arrêté en France en août 1967, et les divergences sur l’argent et sur la stratégie ont fini par diviser l’organisation.1

Après le 25 Avril, la LUAR est restée parmi les organisations de la gauche révolutionnaire, aux côtés desquelles elle est descendue dans la rue.3

  1. 1Operação Mondego. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Cronologia Ilustrada – 1967. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3Verão quente e um outono escaldante (agosto–setembro de 1975). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Notes sur les sources1
  • Le nom : Liga de Unidade e Ação Revolucionária (Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril) ou Liga de União e Ação Revolucionária (musée de l’Aljube) — « unité » ou « union ».

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Ligue républicaine des femmes portugaises (Liga Republicana das Mulheres Portuguesas)

République

L’association de femmes républicaines et féministes fondée en 1909 par Ana de Castro Osório, avec son siège au deuxième étage du n° 6 de la Rua dos Castelinhos, à Lisbonne.1

Parmi ses membres figuraient, entre autres, Carolina Beatriz Ângelo et Adelaide Cabete. Elle défendait le vote des femmes, mais a mis l’accent avant tout sur la révision du Code civil — le divorce, la protection des enfants, l’administration des biens du couple.2 C’est la Ligue qui a décidé que les femmes chefs de famille devaient demander leur inscription sur les listes électorales ; Carolina Beatriz Ângelo, veuve avec une fille à charge, l’a obtenue devant les tribunaux et a voté le 28 mai 1911.3

La division sur la question de savoir quelles femmes devaient voter a conduit, en mai 1911, à la scission d’où est née l’Association de propagande féministe. En juillet 1912, la Ligue a remis au Sénat une pétition pour le vote des femmes ; le sénateur João de Freitas a répondu qu’elle réunissait « seulement quelques centaines de femmes ».3

  1. 1A feminista e republicana Ana de Castro Osório. Toponímia de Lisboa (Câmara Municipal de Lisboa)
  2. 2«Uma simples separação de corpos onde há uma separação de almas» (1910). Assembleia da República
  3. 3O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República. Assembleia da República
  4. 4Liga Republicana das Mulheres Portuguesas. Almanaque Republicano (blogue)
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : lancée en août 1908 et constituée légalement en février 1909, selon l’Almanaque Republicano ; la Toponímia de Lisboa donne 1909.

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M

Maison des étudiants de l’Empire (Casa dos Estudantes do Império)

CEI

Colonialisme

L’association des étudiants qui venaient des colonies pour étudier dans les universités de la métropole, fondée en 1944 sous la tutelle du régime pour cultiver chez eux l’esprit d’« unité impériale ». Elle est devenue au contraire un foyer de formation politique anticoloniale et antifasciste, et a été fermée par la PIDE en 1965.12

Entre 1943 et 1944 étaient nées des maisons des étudiants d’Angola, de Macao, du Cap-Vert, de l’Inde et du Mozambique ; le régime craignait qu’elles ne deviennent des pépinières de nationalisme et les a réunies en une seule, sous la tutelle du ministère des Colonies et le patronage de la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa).1 Le projet a échoué presque aussitôt : beaucoup de membres ont adhéré en 1946 au Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil), et la Maison a pris part à la crise universitaire de 1962.1 Ses éditions et ses bulletins, Mensagem (« Message ») et Meridiano (« Méridien »), sont à l’origine des littératures africaines de langue portugaise.1

Des fondateurs des mouvements de libération sont passés par là — Amílcar Cabral et Luís Cabral, du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) ; Agostinho Neto et Lúcio Lara, du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) ; Marcelino dos Santos et Joaquim Chissano, du Front de libération du Mozambique (FRELIMO) ; Alda do Espírito Santo et Miguel Trovoada, de Sao Tomé-et-Principe.1

  1. 1Casa dos Estudantes do Império. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Casa dos Estudantes do Império. UCCLA

Mesures de sûreté (Medidas de segurança)

Répression

Le moyen de maintenir un opposant en prison une fois purgée la peine à laquelle il avait été condamné : tant qu’on le jugeait « dangereux », l’internement pouvait être renouvelé indéfiniment.1

Conçues au départ pour les malades mentaux, les alcooliques et les vagabonds, elles ont été appliquées à partir de 1945 aux prisonniers politiques, surtout aux communistes. En 1947, la PIDE a reçu le pouvoir de les appliquer, et le gouvernement celui d’assigner à résidence ou d’expulser du pays, sans procédure ni procès. À partir de 1956, l’internement allait de six mois à trois ans, prolongeable par périodes successives de trois ans.1 L’Ordre des avocats a protesté contre ces peines « indéterminées et sans limite ».2

Les hommes les subissaient presque toujours au fort de Peniche, les femmes à Caxias.3 En novembre 1972, déjà sous Marcelo Caetano, l’internement de prisonniers politiques au titre des mesures de sûreté a pris fin en métropole, mais pas dans les colonies.1

  1. 1Prisão preventiva e medidas de segurança (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 225 de Abril | OA recorda os Advogados dos Tribunais Plenários. Ordem dos Advogados
  3. 3Prisões da Ditadura. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Mouvement de libération des femmes (Movimento de Libertação das Mulheres)

MLM

Femmes

Mouvement féministe fondé en mai 1974, juste après la révolution, afin de « lutter pour le droit à l’égalité sans discrimination de sexe ».1

Il est né dans la nuit du 7 mai 1974, jour de l’acquittement des Trois Maria, lors d’une réunion chez Maria Isabel Barreno.2 Parmi les fondatrices figuraient aussi Maria Teresa Horta et Madalena Barbosa.21 L’historienne Manuela Tavares y voit la première association féministe à avoir inscrit à l’agenda politique l’avortement, les sexualités et la violence contre les femmes.3

Le 13 janvier 1975, une action symbolique du MLM au parc Eduardo VII — brûler des « symboles de l’oppression », des codes aux revues pornographiques — a été attaquée par une foule d’hommes qui a insulté, peloté et agressé les femmes.2

  1. 1Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
  2. 213 de janeiro de 1975: Maria Teresa Horta lembra dia em que violência machista saiu à rua. Esquerda.net
  3. 3A manifestação feminista que não chegou a acontecer, 45 anos depois (Rafaela Cortez, 26/4/2020). Comunidade Cultura e Arte

Mouvement démocratique des femmes (Movimento Democrático de Mulheres)

MDM

Femmes

Association de femmes fondée en 1968, lors d’une assemblée à la Padaria do Povo, à Lisbonne, qui a réuni les héritières du Conseil national des femmes portugaises et de l’Association féminine portugaise pour la paix dans la lutte pour la paix, la liberté et les droits des femmes.1

Parmi les fondatrices figuraient Maria Alda Nogueira et Isabel do Carmo.12 Encore sous la dictature, le 21 octobre 1973, l’association a réuni 250 femmes lors de sa première Rencontre nationale, à Cova da Piedade, qui a exigé la libération des prisonnières politiques, la fin de la discrimination au travail et le droit à l’avortement légal.1

Après le 25 Avril, elle a ouvert ses portes et s’est étendue à tout le pays. Maria Lamas a été sa présidente d’honneur.1

  1. 1A nossa história – MDM 1968-2023. MDM – Movimento Democrático de Mulheres
  2. 2Isabel do Carmo (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  3. 3Dia Internacional da Mulher. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Helena Pato (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : 1968, selon le MDM lui-même et le musée de l’Aljube (dans son texte sur la Journée internationale des droits des femmes) ; la biographie d’Helena Pato, au même musée, la place à la fondation, en 1969.

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Mouvement des forces armées (Movimento das Forças Armadas)

MFAMOFA

Révolution

  • Mouvement des capitaines, de septembre à décembre 1973
  • Mouvement des officiers des forces armées (MOFA), 1973–1974
  • Mouvement des forces armées (MFA), depuis mars 1974

Le mouvement d’officiers qui a renversé la dictature le 25 avril 1974. Il est né parmi les capitaines du cadre permanent, lassés d’une guerre coloniale qui, au bout de plus de dix ans, n’avait pas de solution militaire.1

Il a commencé sous le nom de Mouvement des capitaines, lors de la réunion du 9 septembre 1973 au Monte do Sobral, à Alcáçovas, contre deux décrets qui accéléraient le passage des officiers de réserve dans le cadre permanent.2 En décembre, à Óbidos, il a pris le nom de Mouvement des officiers des forces armées et a décidé de s’élargir à la marine et à l’armée de l’air.3 Lors de la réunion de Cascais, le 5 mars 1974, environ deux cents officiers ont considéré le coup d’État comme irréversible.4 La révolution s’est faite autour du programme des « 3 D » : démocratiser, décoloniser et développer.5

Après le 25 Avril, le MFA est resté au centre du pouvoir. En mars 1975, il a été institutionnalisé, avec le Conseil de la révolution et l’Assemblée du MFA.6

  1. 1A Conspiração e o Programa do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O Encontro de Alcáçovas. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3A Reunião de Óbidos. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Reunião de Cascais. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  5. 5Os retornados. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  6. 6Institucionalização do MFA. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Mouvement d’unité démocratique (Movimento de Unidade Democrática)

MUD

Opposition

La grande organisation légale de l’opposition après la Seconde Guerre mondiale, créée en octobre 1945. Elle rassemblait des personnalités de divers horizons et a été la plus importante et la plus large organisation légale d’unité antifasciste de la dictature.1

Elle est née dans une salle du Centre scolaire républicain Almirante Reis, à Lisbonne. La persécution a commencé dès 1946, avec des arrestations et des licenciements — le mathématicien Bento de Jesus Caraça a perdu sa chaire.1 Isabel Aboim Inglez a été la première femme à siéger à sa commission centrale.2 Les jeunes avaient leur Mouvement d’unité démocratique juvénile (MUD Juvenil), constitué le 28 juillet 1946, qui a organisé des grèves et des protestations étudiantes et dont Mário Soares a fait partie.3

En mars 1948, le mouvement s’est vu notifier une décision qui le déclarait illégal, au motif que « le soi-disant Parti communiste » y collaborait. Ses partisans ont malgré tout pris part à la candidature de Norton de Matos à l’élection présidentielle de 1949.1

  1. 1Ilegalização do MUD. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Isabel Aboim Inglez. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  3. 3MUD Juvenil. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Mouvement d’unité nationale antifasciste (Movimento de Unidade Nacional Antifascista)

MUNAF

Opposition

Le front qui a rassemblé l’opposition à la dictature à partir de décembre 1943, présidé par le général Norton de Matos. On y trouvait des républicains, des socialistes, des communistes, des catholiques, des libéraux, des monarchistes, des francs-maçons, des anarcho-syndicalistes et des indépendants.1

Il est né quand la Seconde Guerre mondiale commençait à tourner en faveur des Alliés et que le pays connaissait la faim, le rationnement et des vagues de grèves ; le Parti communiste portugais (PCP) avait approuvé lors de son congrès la « ligne frontiste d’unité antifasciste ».1 Il réunissait le Parti républicain portugais, le Parti socialiste, l’Union socialiste et le PCP.1 Avec la fin de la guerre, l’opposition s’est organisée au grand jour dans le Mouvement d’unité démocratique (MUD), en 1945.2

  1. 1Movimento de Unidade Nacional Antifascista (MUNAF). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Ilegalização do MUD. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

Mouvement national démocratique (Movimento Nacional Democrático)

Opposition

Le mouvement qui, après la candidature de Norton de Matos en 1949, a maintenu unie une partie de l’opposition démocratique dans la lutte pour les libertés. Il a été présidé par le mathématicien Ruy Luís Gomes jusqu’à sa disparition, à la fin de 1956.1

En octobre 1949, sa commission centrale — avec Maria Lamas et Virgínia Moura, entre autres — a pris position face aux élections législatives.2 En décembre, les membres de la commission centrale ont été arrêtés pour avoir protesté contre l’arrestation de l’un d’entre eux.1 Il existait aussi un Mouvement national démocratique féminin : la médecin Cesina Bermudes a été arrêtée en octobre 1949 parce qu’elle faisait partie de sa commission centrale.3

En 1951, le MND a présenté Ruy Luís Gomes comme candidat à la présidence de la République ; une modification de dernière minute de la loi a donné au Conseil d’État le pouvoir de refuser la candidature, et c’est ce qui s’est passé.1

  1. 1Gomes, Ruy Luís (Dicionário). Centro Interuniversitário de História das Ciências e da Tecnologia (CIUHCT)
  2. 2O Movimento Nacional Democrático perante as eleições de deputados (comunicado subscrito por Maria Lamas e outros, 10/10/1949, cota 02581.001.003). Casa Comum – Fundação Mário Soares e Maria Barroso
  3. 3A Rua Cesina Adães Bermudes e o parto sem dor. Toponímia de Lisboa (blogue da Câmara Municipal de Lisboa)

Mouvement populaire de libération de l’Angola (Movimento Popular de Libertação de Angola)

MPLA

Colonialisme

L’un des mouvements qui ont lutté pour l’indépendance de l’Angola, fondé en décembre 1956 et présidé, à partir de la fin de 1962, par Agostinho Neto. C’est le MPLA qui a proclamé l’indépendance du pays, à Luanda, le 11 novembre 1975.1

Il a revendiqué les attaques du 4 février 1961 contre les prisons de Luanda, qui, avec celles de l’Union des peuples de l’Angola (UPA) en mars, ont marqué le début de la lutte armée.12 Il a fait la guerre à partir du Congo-Brazzaville, au Cabinda, puis, à partir de 1966, dans l’est de l’Angola, où il a aussi dû combattre, à partir de 1969, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA).1 Après le 25 Avril, il a signé, avec le Front national de libération de l’Angola (FNLA) et l’UNITA, l’accord d’Alvor ; l’accord n’a pas été respecté, et l’indépendance est arrivée en pleine guerre civile.1

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O fim dos mitos imperiais: Guerra Colonial portuguesa (1961-74) e descolonização portuguesa e espanhola (Portugal-Espanha: 50 anos de democracia). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat (Movimento Reorganizativo do Partido do Proletariado)

MRPPFEML

Opposition

Parti maoïste fondé en septembre 1970, très actif parmi les étudiants de Lisbonne dans les dernières années de la dictature. Son organisation de jeunesse était la Fédération des étudiants marxistes-léninistes (FEML).12

Il publiait Luta Popular (« Lutte populaire ») depuis 1971.1 L’étudiant en droit José António Ribeiro Santos, militant de la FEML, a été tué par balle par un agent de la DGS à l’Institut supérieur des sciences économiques et financières (ISCEF), le 12 octobre 1972.2 Aurora Rodrigues et Maria José Morgado, militantes du MRPP, ont été arrêtées et torturées en 1973.34

Après le 25 Avril, il est resté très actif ; le 28 mai 1975, une opération du Commandement opérationnel du continent (COPCON) a arrêté plus de 400 de ses militants.3 En 1976, il a pris le nom de Parti communiste des travailleurs portugais (PCTP/MRPP).1

  1. 1PCTP/MRPP – Partido Comunista dos Trabalhadores Portugueses / Movimento Reorganizativo do Partido do Proletariado (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2O assassinato de José Ribeiro Santos. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Aurora Rodrigues (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade
  4. 4Maria José Capelo Rodrigues Morgado. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos

O

Œuvre des mères pour l’éducation nationale (Obra das Mães pela Educação Nacional)

Femmes

L’organisation par laquelle l’Estado Novo (« État nouveau ») encadrait les femmes, créée en 1936 pour diffuser le rôle que le régime leur destinait : mères dévouées à la famille et aux tâches domestiques, épouses obéissant à leur mari, le « chef » de famille.1

Connue sous le sigle OMEN, elle était, avec la Jeunesse portugaise (Mocidade Portuguesa) et la Fondation nationale pour la joie au travail (FNAT), l’un des mécanismes par lesquels le régime contrôlait la population.1 Maria Guardiola, proviseure du lycée Maria Amália Vaz de Carvalho et l’une des trois premières députées portugaises, a occupé pendant de nombreuses années des fonctions de direction dans l’Œuvre des mères et dans la Jeunesse portugaise féminine.2

  1. 1Organizações repressivas e de controlo do Estado Novo. RTP Ensina
  2. 2Um olhar sobre a participação feminina na Assembleia Nacional: a deputada Virgínia Faria Gersão (Faces de Eva, n.º 47). Susana Fontes e Sónia Coelho / Faces de Eva (SciELO Portugal)
Notes sur les sources1
  • Le jour et le texte de loi de la création, en 1936 : la source utilisée ne donne que l’année.

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P

Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Partido Africano para a Independência da Guiné e Cabo Verde)

PAIGC

Colonialisme

  • Parti africain pour l’indépendance, 1956–1960
  • Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), depuis 1960

Le mouvement de libération de la Guinée et du Cap-Vert, fondé par Amílcar Cabral et d’autres. Il a fait la guerre au colonialisme portugais à partir de janvier 1963 et a proclamé l’indépendance de la Guinée-Bissau le 24 septembre 1973.1

Il est né le 19 septembre 1956 sous le nom de Parti africain pour l’indépendance et a pris le nom de PAIGC en octobre 1960. La lutte armée a commencé le 23 janvier 1963, par une attaque contre Tite, sur la rive du fleuve Geba.1 À partir de 1967, sa Rádio Libertação (« Libération »), dirigée par Amélia Araújo, a porté la voix de Cabral à un plus large public.2 Cabral a été assassiné à Conakry le 20 janvier 1973, quelques mois avant la proclamation de l’indépendance ; le Portugal ne l’a reconnue qu’après le 25 Avril, en septembre 1974.13

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Amílcar Cabral. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Legislação 25A – Declaração sobre a independência da Guiné-Bissau. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Amílcar Lopes Cabral. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  5. 5Do acto na Imprensa à imprensa dos movimentos de libertação (Imprensa anticolonial). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : 1956, selon le dossier de la Commission commémorative des 50 ans sur la guerre ; une autre page de la même Commission donne 1954, et le musée de l’Aljube, 1959. On retient 1956, la seule qui donne le jour et le mois.

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Parti communiste portugais (Partido Comunista Português)

PCP

Opposition

Le parti fondé à Lisbonne le 6 mars 1921 qui, interdit après le coup d’État de 1926, a résisté dans la clandestinité pendant toute la dictature. Ce fut l’opposition la mieux organisée, toujours clandestine et durement persécutée.12

Dans la clandestinité, il publiait Avante!, qui paraissait depuis 1931, et entretenait des imprimeries et des maisons clandestines.4 Après la réorganisation de 1940–1941, il a élargi son influence et défendu l’unité antifasciste.1 Álvaro Cunhal, emprisonné de 1949 jusqu’à l’évasion de Peniche, a été élu secrétaire général en 1961.31 Le parti a résisté à la répression comme aucun autre — en octobre 1974, les 36 membres du Comité central totalisaient plus de 300 ans de prison.1 Entre 1970 et 1973, il a eu un bras armé, l’Action révolutionnaire armée.5

Avec le 25 Avril, il est devenu un parti légal et a participé aux six gouvernements provisoires.17

  1. 1Fundação do Partido Comunista Português. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Esperança frustrada (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Prisão de Álvaro Cunhal, Militão Ribeiro e Sofia Ferreira. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Jornal “Avante!”. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  5. 5Primeira ação da Acção Revolucionária Armada (ARA). Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  6. 6PCP – Biografia sintetizada (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  7. 7PCP – Alongada (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  8. 8Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
Notes sur les sources1
  • Dans combien de gouvernements provisoires le PCP a siégé : dans les six, selon la biographie détaillée du Centre de documentation 25 Avril (et la chronologie de 1975 du même centre, qui le compte dans les négociations du VIe gouvernement) ; la biographie abrégée de la même page dit « les 5 premiers ». On retient la biographie détaillée.

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Parti populaire démocratique (Partido Popular Democrático)

PPDPSD

Révolution

  • Parti populaire démocratique (PPD), 1974–1976
  • Parti social-démocrate (PSD), depuis 1976

Le parti fondé en mai 1974 par Francisco Sá Carneiro, Joaquim Magalhães Mota et Francisco Pinto Balsemão, venus de l’« aile libérale » de l’Assemblée nationale de Marcelo Caetano. En 1976, il a pris le nom de Parti social-démocrate.12

Il a adopté la devise « Social-démocratie pour le Portugal » (Social democracia para Portugal) et a participé, comme le Parti socialiste (PS), à cinq gouvernements provisoires.1 Il a été le deuxième parti en nombre de voix aux élections à l’Assemblée constituante, avec 26,4 %, et a voté pour la Constitution de 1976.31 Il est aujourd’hui enregistré sous le nom de Parti social-démocrate, avec le sigle PPD/PSD.4

  1. 1PSD – Alongada (Informação político-partidária; perfil da Revista de Assuntos Eleitorais, STAPE). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2PSD – Sintetizada (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  3. 3Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  4. 4Partidos registados e suas denominações, siglas e símbolos. Tribunal Constitucional

Parti socialiste (Partido Socialista)

PS

Opposition

Le parti fondé en exil, dans ce qui était alors l’Allemagne fédérale, le 19 avril 1973, par Mário Soares et d’autres socialistes de l’opposition. Il était issu de l’Action socialiste portugaise, créée à Genève en 1964.1

Maria Barroso a été la seule femme présente à la fondation.2 Après le 25 Avril, le PS a fait partie de cinq des six gouvernements provisoires : il a quitté le IVe en juillet 1975.67 En 1975, il a été au centre de l’« affaire República » : les travailleurs du journal ont écarté la direction, qu’ils accusaient d’être le porte-parole du PS.3 Pendant l’Été chaud, le parti a rassemblé une foule à la Fonte Luminosa contre le gouvernement de Vasco Gonçalves.4 En juillet 1976, Mário Soares a formé le Ier gouvernement constitutionnel.5

  1. 1PS – Biografia sintetizada (Informação político-partidária). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  2. 2Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal». Assembleia da República
  3. 3O caso República. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Escalada de tensão e crise político-militar (julho–agosto de 1975). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  5. 5Governo Constitucional I – Composição. Governo da República Portuguesa – Arquivo Histórico
  6. 6PS – Alongada (Informação político-partidária; perfil da Revista de Assuntos Eleitorais, STAPE). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
  7. 7Cronologia Ilustrada – 1975. Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
Notes sur les sources1
  • Dans combien de gouvernements provisoires le PS a siégé : dans cinq des six, selon la biographie détaillée du Centre de documentation 25 Avril et sa chronologie de 1975 (le PS a quitté le gouvernement en juillet 1975) ; la biographie abrégée de la même page dit qu’il a fait partie des six. On retient la biographie détaillée.

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Peniche

Répression

La forteresse de Peniche a été la prison politique de haute sécurité où les hommes condamnés par les tribunaux pléniers purgeaient leur peine — puis les mesures de sûreté que la police politique leur imposait.1

C’était une prison depuis le début du XXe siècle. Elle est passée à la police politique en 1934, la garde étant confiée à la Garde nationale républicaine (GNR), puis en 1945 au ministère de la Justice, sans que la PIDE cesse de la surveiller.21 Les punitions se purgeaient au « segredo » (secret) ou « redondo » (rond), des cachots humides et sans lumière au bord de la falaise, au pain et à l’eau, jusqu’à trente jours. Dans les années 1950, elle a été transformée en prison de haute sécurité.1 Malgré tout, le 3 janvier 1960, dix prisonniers communistes, parmi lesquels Álvaro Cunhal, s’en sont évadés.3

Les derniers prisonniers politiques sont sortis au petit matin du 27 avril 1974 : Spínola avait voulu garder en détention les accusés d’actes violents, mais la solidarité entre les prisonniers, les avocats et la pression populaire ont imposé la libération de tous.2 Depuis le 27 avril 2024, la forteresse est le Musée national Résistance et Liberté.4

  1. 1Forte de Peniche (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2Cárceres do império. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  3. 3Fuga de Peniche. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Inauguração do Museu Nacional Resistência e Liberdade – Fortaleza de Peniche. Cultura Portugal (Ministério da Cultura)

Police de sécurité publique (Polícia de Segurança Pública)

PSP

Répression

  • Police civile, 1867–1910
  • Police civique, 1910–1927
  • Police de sécurité publique (PSP), depuis 1927

La police des villes, qui porte ce nom depuis 1927. Sous l’Estado Novo (« État nouveau »), elle a été, selon les mots de son propre projet d’histoire, « un élément déterminant pour la machine répressive » du régime.12

La dictature l’a militarisée et l’a dotée d’un armement moderne ; à mesure que grandissaient l’opposition, la contestation sociale et le mouvement étudiant, la police a eu de plus en plus recours à la répression et à la violence.2 Ses commissariats ont aussi servi la police politique : jusqu’en 1938, c’est là que les prisonniers étaient mis au secret, et les cachots du 1er commissariat, au gouvernement civil de Lisbonne, recevaient de nombreux prisonniers à la veille des procès politiques.3

Ce n’est qu’en 1972 qu’elle a ouvert la première formation destinée aux femmes policières.2 Après 1974, le commandement a été peu à peu démilitarisé et les policiers ont obtenu des droits syndicaux.1

  1. 1Polícia de Segurança Pública (1927-?). Portal História, Memória e Património da Polícia
  2. 2Ditadura Militar e Estado Novo (MUP – Museu da Polícia). Portal História, Memória e Património da Polícia
  3. 330 Esquadras de Lisboa. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos

Police politique (Polícia política)

PVDEPIDEDGS

Répression

  • Police de vigilance et de défense de l’État (PVDE), 1933–1945
  • Police internationale et de défense de l’État (PIDE), 1945–1969
  • Direction générale de la sécurité (DGS), 1969–1974

La police qui surveillait, arrêtait et torturait les opposants à la dictature. Elle a changé deux fois de nom — PVDE, PIDE et, pour finir, DGS — et a toujours été le principal instrument de la répression politique.1

Elle est née en août 1933 de la fusion de deux polices, a pris le nom de PIDE en 1945 et celui de DGS en 1969.2 Elle dépendait du ministère de l’Intérieur et avait ses propres prisons, l’Aljube et le fort de Caxias.1 Les interrogatoires avaient lieu au troisième étage du siège, dans la Rua António Maria Cardoso, avec passages à tabac et torture, et des prisonniers y sont morts.3 Elle s’est aussi installée dans les colonies à partir de 1954, et la guerre a multiplié son activité.1

Dans la nuit du 25 avril 1974, des agents ont tiré depuis le siège sur la foule et ont tué quatre personnes ; le bâtiment n’a été occupé que le lendemain matin, par des fusiliers marins et par la cavalerie d’Estremoz.4 Le décret-loi n° 171/74, de ce même 25 avril, a supprimé la DGS ; dans les colonies, elle allait être réorganisée en Police d’information militaire.5

  1. 1Prisões da Ditadura. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O Governo cria a Polícia de Vigilância e Defesa do Estado (PVDE). Portal História, Memória e Património da Polícia
  3. 3A sede e as delegações da PIDE. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Sede da Pide/DGS (Locais de Abril). Associação 25 de Abril
  5. 5Legislação 25A – Extinção da DGS, LP e MP (Dec.-Lei 171/74 de 25 de Abril). Centro de Documentação 25 de Abril, Universidade de Coimbra
Notes sur les sources1
  • L’année où la PIDE est devenue la DGS : 1969 (le décret-loi n° 171/74 dit que la DGS a été créée le 24 novembre 1969) ou 1968 (Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril).

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Processus révolutionnaire en cours (Processo Revolucionário em Curso)

Révolution

Le nom, presque toujours abrégé en PREC, du processus révolutionnaire ouvert par le 25 Avril 1974, jusqu’à son premier dénouement, le 25 Novembre 1975. Ce fut la période la plus polarisée et la plus radicalisée du passage à la démocratie.12

Plusieurs centres de pouvoir coexistaient — le président de la République, le gouvernement provisoire, le Conseil de la révolution, le Mouvement des forces armées —, ainsi que de nombreux projets pour le pays, qui se sont mesurés le 28 septembre 1974, le 11 Mars 1975, pendant l’« Été chaud » (Verão Quente) de cette année-là et, pour finir, le 25 Novembre.34 L’« Été chaud » a été le point culminant de la tension : certains le font durer de mars ou avril jusqu’en novembre 1975, d’autres seulement de mai, juin ou juillet jusqu’en septembre.2

« PREC » comme « Verão Quente » portent souvent, dans l’usage, une charge péjorative, entre la condamnation et la caricature.2

  1. 125 de Novembro: Um passo nos caminhos da Democracia. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2O «Verão Quente» de 1975. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 32. A Assembleia Constituinte em funcionamento: debates, atores e regras do processo constituinte (50 anos da Constituição). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 425 de Novembro. RTP – Memórias da Revolução (textos de Aniceto Afonso, Carlos Matos Gomes e Maria Inácia Rezola)
Notes sur les sources1
  • Les bornes du PREC : on suit ici la Commission commémorative et la RTP, qui le font aller du 25 Avril 1974 au 25 Novembre 1975. Il manque une source qui définisse le terme et dise si d’autres dates de début sont en usage.

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R

Rádio Portugal Livre

Opposition

La radio liée au Parti communiste portugais qui, depuis Bucarest, en Roumanie, s’est adressée au Portugal pendant douze ans, à partir du 12 mars 1962. Elle donnait des nouvelles de la lutte contre le régime, interviewait des opposants et diffusait des appels d’ouvriers dans les usines et de femmes dans les quartiers.1

Maria Alda Nogueira a travaillé pour elle après être retournée dans la clandestinité, en 1970.2 En 1971, la radio a réalisé des reportages dans les régions de la Guinée libérées par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).3 Avec la Rádio Voz da Liberdade (« Voix de la liberté »), qui émettait depuis Alger, elle a fait parvenir au Portugal des chansons de l’opposition devenues des hymnes révolutionnaires.4

  1. 1Rádio Portugal Livre. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Exposição «Mulheres que mudaram a vida política em Portugal». Assembleia da República
  3. 3Amílcar Cabral. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género

Rádio Voz da Liberdade

Opposition

La radio du Front patriotique de libération nationale, qui émettait d’Alger vers le Portugal pendant la dictature. Elle s’ouvrait sur ces mots : « Amis, compagnons et camarades, ici la Rádio Voz da Liberdade, au nom du Front patriotique de libération nationale ».1

Cette voix était celle de Stella Piteira Santos, exilée en Algérie après avoir été arrêtée et torturée par la PIDE.1 Après la mort d’Humberto Delgado, le poète Manuel Alegre, exilé à Alger depuis 1964, a été le principal animateur et speaker de la station.2 En 1966, Amílcar Cabral, le dirigeant du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), y a été interviewé.3

  1. 1Mulheres pela Igualdade (biografias). CIG – Comissão para a Cidadania e a Igualdade de Género
  2. 2Argélia, um ponto de encontro privilegiado (1962 – Optar pela guerra). Guerra Colonial – Associação 25 de Abril
  3. 3Amílcar Cabral. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
Notes sur les sources1
  • L’année où elle a commencé à émettre (1962 ou 1963) n’a pas été confirmée par une source institutionnelle.

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Reviralho

Opposition

Le nom donné aux révoltes et aux conspirations par lesquelles les républicains ont tenté de renverser la Dictature militaire, surtout entre 1927 et 1931. Ils voulaient « revirar » (retourner) la situation et revenir à la République démocratique.12

Contre la dictature se sont soulevés la marine, la Garde nationale républicaine (GNR), la Garde fiscale et d’autres secteurs républicains. La première grande révolte a été celle de février 1927, à Porto et à Lisbonne ; celle du 26 août 1931, à Lisbonne, a été l’une des dernières. Toutes ont échoué, et le régime a répondu par des épurations dans les forces armées et dans la GNR.2 Les insurgés ont été emprisonnés et déportés en Angola, au Cap-Vert, en Guinée et au Timor.34

Après la défaite de 1927, les principaux républicains sont partis en exil et ont formé à Paris la Ligue de défense de la République, la « Ligue de Paris ».5

  1. 1Ditadura militar e ascensão do salazarismo. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2História da Guarda Nacional Republicana. Guarda Nacional Republicana
  3. 3Golpe Militar de 28 de maio de 1926. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Golpe de 26 de agosto de 1931. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  5. 5Liga de Paris. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
Notes sur les sources1
  • Les bornes du reviralho : de 1927 à 1931 (Garde nationale républicaine) ou de 1926 à 1940 (musée de l’Aljube).

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S

Secrétariat de la propagande nationale (Secretariado de Propaganda Nacional)

SPNSNI

Culture et censure

  • Secrétariat de la propagande nationale (SPN), 1933–1944
  • Secrétariat national de l’information et de la culture populaire (SNI), 1944–1968
  • Secrétariat d’État à l’Information et au Tourisme, à partir de 1968

L’organisme de propagande de l’Estado Novo (« État nouveau »), créé en 1933 et dirigé jusqu’en 1949 par le journaliste António Ferro. Il diffusait l’œuvre et les idées du régime par des affiches, des films, des émissions de radio, des expositions et des prix, en alliant un langage moderne au conservatisme et au ruralisme officiels.1

Ferro a appelé « politique de l’esprit » (Política do Espírito) ce programme : rééduquer les Portugais selon l’idéologie officielle, en promouvant et en contrôlant à la fois les artistes et les écrivains.1 En 1944, le SPN a laissé place au Secrétariat national de l’information et de la culture populaire (SNI), qui a réuni entre les mêmes mains la propagande, le tourisme, la presse et la censure ; en 1968, ces services sont passés au secrétariat d’État à l’Information et au Tourisme.2

À la fin du régime, le secrétariat d’État avait son siège au Palácio Foz, aux Restauradores. Le 28 mai 1974, une centaine d’artistes sont entrés dans la cour du palais et ont recouvert d’un drap noir la statue de Salazar qui s’y trouvait.3

  1. 1O SPN como motor do projeto cultural do Estado Novo. RTP Ensina
  2. 2A Censura no Salazarismo. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3A cultura ao serviço da Revolução. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Société portugaise des écrivains (Sociedade Portuguesa de Escritores)

SPE

Culture et censure

L’association d’écrivains fondée en 1956, avec Aquilino Ribeiro à la tête de sa direction. Elle a été dissoute par le gouvernement de Salazar en mai 1965, après avoir décerné un prix à un écrivain emprisonné pour ses positions anticolonialistes.1

Elle organisait des cycles de conférences et des prix littéraires, comme les grands prix de poésie, de théâtre, de fiction narrative et d’essai ; en 1962, beaucoup de ses membres ont signé une protestation de solidarité avec les étudiants.12 En 1965, le Grand Prix de fiction narrative a été attribué à Luuanda, de Luandino Vieira, alors emprisonné ; les cinq jurés, parmi lesquels Fernanda Botelho, ont été interrogés à la PIDE, et trois sont restés en détention.1 Dans la nuit du 21 mai 1965, le siège, dans la Rua da Escola Politécnica, a été pris d’assaut et saccagé par des inconnus soutenus par des éléments de la PIDE.1

  1. 1Breve memorial da Sociedade Portuguesa de Escritores (SPE). Associação Portuguesa de Escritores
  2. 2A Crise Académica de 1962: Solidariedade com os Estudantes. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Suffragistes (Sufragistas)

Femmes

Les femmes qui ont lutté pour le droit de vote, le suffrage. Au Portugal, le vote des femmes était déjà revendiqué avant la République et a été très débattu après 1910 ; mais la pleine égalité devant le vote n’est arrivée qu’après le 25 Avril 1974.1

Les suffragistes de la Ligue républicaine des femmes portugaises et de l’Association de propagande féministe étaient d’accord sur le vote, mais pas sur qui devait l’avoir : Ana de Castro Osório et Carolina Beatriz Ângelo le voulaient pour les femmes qui avaient fait des études et exerçaient une profession, Maria Veleda ne l’acceptait que sans restrictions.1 Carolina Beatriz Ângelo, veuve et chef de famille, a obtenu devant les tribunaux son inscription sur les listes électorales et a voté le 28 mai 1911, la première femme à le faire au Portugal ; le Code électoral de 1913 a fermé la porte, en réservant le vote aux hommes.1

La dictature a accordé, à partir de 1931, un vote restreint aux femmes diplômées de l’enseignement secondaire ou supérieur.1 Ce n’est qu’en novembre 1974 que la loi électorale a donné la qualité d’électeur à tous les citoyens « des deux sexes » de plus de 18 ans.2

  1. 1O sufrágio feminino no parlamento na 1.ª República. Assembleia da República
  2. 2Decreto-Lei n.º 621-A/74, de 15 de novembro (título da página oficial; conteúdo exige JavaScript). Diário da República Eletrónico

Syndicats nationaux (Sindicatos nacionais)

Travail

Les syndicats de l’Estado Novo (« État nouveau ») : un seul par profession, sous la tutelle du gouvernement et tenus de renier la « lutte des classes ». C’était un instrument du régime pour discipliner et surveiller le monde du travail.1

Ils sont nés du Statut du travail national, de septembre 1933, inspiré de la « Carta del Lavoro » (Charte du travail) de Mussolini ; la réponse ouvrière a été la grève générale du 18 janvier 1934.12 Le gouvernement devait homologuer les directions élues et pouvait dissoudre un syndicat qui soutenait des grèves ; la cotisation était obligatoire pour tous les travailleurs de la profession.1 Dans les dernières années de la dictature, plusieurs de ces syndicats ont commencé à se réunir pour contester la tutelle du gouvernement, au sein de l’Intersindical.3

  1. 1Sindicatos corporativos (Unidos venceremos! Protesto, greves e sindicatos no marcelismo). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 218 de Janeiro de 1934. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  3. 3A criação da Intersindical (Unidos venceremos! Protesto, greves e sindicatos no marcelismo). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

T

Tarrafal

Répression

  • Colonie pénale de Tarrafal, 1936–1954
  • Camp de travail de Chão Bom, 1961–1974

Le camp de concentration que la dictature a ouvert en 1936 sur l’île de Santiago, au Cap-Vert, pour les prisonniers politiques qu’elle voulait éloigner. Il est resté connu sous le nom de « camp de la mort lente » (Campo da morte lenta).1

Il a été créé par un décret du 23 avril 1936, et les premiers prisonniers sont arrivés le 29 octobre de la même année — communistes, anarchistes et républicains, dont beaucoup venaient du 18 Janvier 1934 et de la révolte des marins.12 Les mauvais traitements, les travaux forcés, la nourriture insuffisante et le manque de soins médicaux y ont tué plus de trente prisonniers.12 La pire punition était la « frigideira » (poêle à frire), une construction en ciment sans fenêtres, exposée au soleil, où la température intérieure atteignait 50 degrés.2 Le camp a fermé en 1954.2

Pendant la guerre coloniale, il a été rouvert sous le nom de camp de travail de Chão Bom, pour des prisonniers des mouvements de libération de l’Angola, de la Guinée et du Cap-Vert.2 Les derniers prisonniers ont été libérés le 1er mai 1974.3

  1. 1Campo de Concentração do Tarrafal. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  2. 2Colónia Penal do Tarrafal (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Cárceres do império. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
Notes sur les sources2
  • Les chiffres de la première période (1936–1954) : 152 prisonniers à l’arrivée, 340 au total et 34 morts (musée de l’Aljube), 157 à l’arrivée et 32 morts (Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril), 357 prisonniers et 32 morts (Memória Comum).
  • La date de la réouverture : 1961 (musée de l’Aljube et Memória Comum) ou l’arrivée des premiers prisonniers angolais, le 25 février 1962 (Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril).

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Torture du sommeil (tortura do sono) et « estátua »

Répression

Les méthodes de torture les plus utilisées par la police politique pendant les interrogatoires, outre les passages à tabac : empêcher le prisonnier de dormir, des jours et des nuits d’affilée, et l’obliger à rester debout, des heures durant — l’« estátua » (statue).12

Des brigades d’agents se relayaient toutes les quatre heures autour de chaque prisonnier. Pour l’empêcher de s’endormir, ils utilisaient les cris, les coups et le bruit, parfois des enregistrements de voix de camarades et de proches.13 À elle seule, la torture du sommeil mettait du temps à produire son effet ; l’« estátua » l’accélérait, avec une telle violence que les médecins au service de la PIDE allaient jusqu’à avertir les interrogateurs du danger de mort.2 À partir de 1971, la DGS a transféré les interrogatoires dans la redoute Sud de Caxias, dans des salles aménagées pour enregistrer et pour diffuser des sons.4

Memória Comum souligne le « caractère de classe » de la torture : les passages à tabac étaient surtout réservés aux ouvriers et aux paysans, la torture du sommeil et l’« estátua » aux prisonniers issus des milieux intellectuels — une règle que la police oubliait quand elle était pressée.1 L’étudiante Aurora Rodrigues, arrêtée en mai 1973, a subi l’« estátua » et seize jours d’affilée de torture du sommeil, et n’a pas parlé.5

  1. 1A tortura como sistema. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  2. 2A tortura nas prisões da PIDE. RTP Notícias
  3. 3Métodos de tortura. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  4. 4Meios Sonoros. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos
  5. 5Aurora Rodrigues (testemunho e biografia). Museu do Aljube Resistência e Liberdade

Tribunal militaire spécial (Tribunal Militar Especial)

Répression

Le tribunal créé en 1932 pour juger les crimes politiques, composé de deux officiers nommés par le gouvernement et d’un juge auditeur. En 1945, il a laissé place au tribunal plénier.1

Il est né du décret du 5 décembre 1932, qui punissait ce qu’on appelait les « crimes de rébellion » par la déportation dans une colonie pénale. Il y en avait un à Lisbonne et un autre à Porto, mais celui de Porto a été supprimé dès l’année suivante.12 À Lisbonne, les procès se tenaient souvent au gouvernement civil, dans les cachots duquel les prisonniers attendaient.3 Il a été remplacé par les tribunaux pléniers en octobre 1945, après la victoire des Alliés.2

  1. 1Os «crimes políticos» no Estado Novo (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 225 de Abril | OA recorda os Advogados dos Tribunais Plenários. Ordem dos Advogados
  3. 330 Esquadras de Lisboa. Memória Comum – Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos

Tribunal plénier (Tribunal Plenário)

Répression

Le tribunal qui jugeait les crimes politiques sous l’Estado Novo (« État nouveau »), à partir de 1945. Il était composé de trois juges nommés par le gouvernement et jugeait les opposants que la police politique arrêtait et accusait de crimes « contre la sûreté de l’État ».1

Les tribunaux pléniers de Lisbonne et de Porto ont été créés le 20 octobre 1945 pour remplacer le Tribunal militaire spécial — une « simple manœuvre cosmétique », écrit la Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril, imposée par la victoire des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale.12 Celui de Lisbonne siégeait au tribunal de la Boa-Hora.3

Les juges laissaient les agents de la PIDE remplir la salle et empêchaient les accusés de dénoncer les tortures subies en prison ; des prisonniers ont été battus en pleine audience.1 Les hommes condamnés purgeaient leur peine au fort de Peniche, les femmes à Caxias ;4 et les mesures de sûreté pouvaient prolonger les peines sans limite.1 Le programme du Mouvement des forces armées (MFA), après le 25 Avril, prévoyait la suppression des « tribunaux spéciaux ».5

  1. 125 de Abril | OA recorda os Advogados dos Tribunais Plenários. Ordem dos Advogados
  2. 2Os «crimes políticos» no Estado Novo (Prisões da Ditadura). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  3. 3Memorial aos Presos e Perseguidos Políticos. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)
  4. 4Prisões da Ditadura. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  5. 5A Conspiração e o Programa do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Trois Maria (Três Marias)

Femmes

Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, les écrivaines qui ont composé à trois les Novas Cartas Portuguesas (Nouvelles Lettres portugaises, 1972) — un livre qui dénonçait la condition des femmes, la guerre coloniale et la justice de la dictature, et qui les a conduites devant les tribunaux.1

Le livre est paru en avril 1972 aux éditions Estúdios Cor, où Natália Correia, directrice littéraire, a refusé de le couper. La censure l’a saisi trois jours plus tard, et les autrices et l’éditeur ont été poursuivis pour un livre au « contenu irrémédiablement pornographique et attentatoire à la morale publique ». Les trois n’ont jamais révélé qui avait écrit chaque texte.1 Le procès s’est ouvert le 25 octobre 1973 au tribunal correctionnel de la Boa-Hora, à huis clos.2

Hors du pays, l’affaire est devenue la « première cause féministe internationale », avec Simone de Beauvoir, Marguerite Duras et Doris Lessing dans la campagne de solidarité.1 Le 7 mai 1974, une fois passé le 25 Avril, le tribunal a déclaré que le livre n’était ni immoral ni pornographique : les Trois Maria ont été acquittées.3

  1. 1Novas Cartas Portuguesas. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  2. 2«Novas Cartas Portuguesas» – Julgamento secreto (Diário de Lisboa, 25/10/1973). Hemeroteca Municipal de Lisboa – Livros que foram notícia
  3. 3Processo “Novas Cartas Portuguesas”. Museu do Aljube Resistência e Liberdade (EGEAC)

U

Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (União Nacional para a Independência Total de Angola)

UNITA

Colonialisme

Le troisième mouvement de libération angolais, créé en mars 1966 par Jonas Savimbi, qui avait quitté le Front national de libération de l’Angola (FNLA). Il a mené la guérilla à l’intérieur de l’Angola, où il a aussi combattu le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).1

En 1972, il a conclu un accord avec les forces portugaises, l’opération Madeira : un cessez-le-feu et une zone où l’armée n’entrait pas, en échange de quoi l’UNITA combattait le MPLA et fournissait des renseignements militaires.1 Après le 25 Avril, le mouvement a signé l’accord d’Alvor ; après l’indépendance, Savimbi a dirigé l’UNITA pendant la longue guerre civile, jusqu’à sa mort au combat contre des forces du MPLA, en 2002.1

  1. 1Uma guerra sem solução militar (O MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril

Union nationale (União Nacional)

Répression

  • Union nationale
  • Action nationale populaire (ANP), à l’époque de Marcelo Caetano

Le parti unique de l’Estado Novo (« État nouveau »). Les partis étaient interdits et, jusqu’à la fin du régime, tous les députés de l’Assemblée nationale ont été élus sur les listes de l’Union nationale, et tous les présidents de la République élus ont été ceux qu’elle soutenait.12

Elle a été créée au début des années 1930 pour soutenir le gouvernement de Salazar.32 Jusqu’en 1945, il n’y a pas eu de listes contre la sienne ; les bulletins de vote étaient distribués par la police et par l’Union nationale elle-même, et l’électeur pouvait seulement rayer des noms, sans pouvoir les remplacer.4 Sous Marcelo Caetano, elle a pris le nom d’Action nationale populaire, un changement « purement cosmétique », selon les mots de la Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril.13

Le programme du Mouvement des forces armées (MFA) ordonnait sa dissolution immédiate.5 Le 26 avril 1974, son siège a été détruit par la population, comme ceux de la censure et du journal A Época.6

  1. 1O Parlamento na história constitucional – O Estado Novo (1926-1974). Assembleia da República
  2. 2Serviço Público: de Todos para Todos — a estrutura da PIDE/DGS, os processos da Mocidade Portuguesa e os inventários da União Nacional (apresentação, 28 de maio de 2014). Arquivo Nacional Torre do Tombo
  3. 3III Congresso da Oposição Democrática. Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  4. 4O partido único (Haverá eleições?). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  5. 5A Conspiração e o Programa do MFA (MFA e o 25 de Abril). Comissão Comemorativa 50 Anos 25 de Abril
  6. 6Acção popular (pós-25 de Abril). Associação 25 de Abril
Notes sur les sources1
  • L’année de fondation : seule la Commission commémorative des 50 ans du 25 Avril la donne (1932) ; il reste à la confirmer par une deuxième source, de préférence l’inventaire du fonds de l’Union nationale à la Torre do Tombo.

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